Un plan-séquence (également appelé long take, ou plan-séquence dans la théorie du cinéma française) est une seule prise de caméra ininterrompue qui couvre ce qui exigerait conventionnellement plusieurs plans et coupes — souvent une scène entière, une séquence dramatique significative ou une longue période d'action — grâce à la combinaison d'un mouvement de caméra soigneusement chorégraphié et d'un placement précis des acteurs. Plutôt que d'obtenir la couverture narrative et émotionnelle par le montage entre plusieurs plans filmés séparément, le plan-séquence l'obtient à l'intérieur même du plan : caméra et interprètes se déplacent dans l'espace selon une chorégraphie minutieusement planifiée qui crée l'équivalent des plans d'établissement, des plans moyens, des gros plans et des changements de couverture par le mouvement et le recadrage, plutôt que par les coupes. Le résultat est une expérience visuelle continue et ininterrompue dans laquelle l'espace, le temps et le développement dramatique se déploient sans la médiation d'une intervention de montage.
Le plan-séquence est l'une des formes de cinéma les plus exigeantes techniquement et artistiquement, requérant la coordination précise du mouvement de caméra, de la performance des acteurs, des changements d'éclairage (impliquant souvent des sources mobiles ou des praticables soigneusement conçus), de l'assistance à la mise au point et de tous les éléments de production qui doivent fonctionner sans faille pendant toute la durée de la prise — laquelle peut s'étirer d'une à vingt minutes ou plus. Une seule erreur d'un participant à un moment quelconque oblige à reprendre la prise depuis le début. La planification requise — typiquement de longues répétitions et une préparation technique poussée avant tout tournage — et la difficulté d'exécution expliquent pourquoi les plans-séquences sont relativement rares et pourquoi les exemples réussis sont célébrés comme des expressions de la maîtrise de la mise en scène et de la technique. La séquence d'ouverture d'Orson Welles dans La Soif du mal, les séquences de bataille d'Alfonso Cuarón dans Les Fils de l'homme et la fameuse entrée au Copacabana dans Les Affranchis figurent parmi les exemples les plus étudiés.
La fonction expressive du plan-séquence est de maintenir l'intégrité spatiale et temporelle de l'action représentée — de donner au spectateur le sentiment d'être témoin d'un événement qui se déroule réellement, sans la construction implicite que le montage signale inévitablement. André Bazin, le théoricien français du cinéma, prônait le long take et la profondeur de champ comme l'approche la plus « réaliste » du cinéma, parce qu'elle préserve l'ambiguïté et la continuité du réel plutôt que d'imposer au spectateur l'interprétation du montage. En génération vidéo par IA, les véritables plans-séquences — au sens de longues prises ininterrompues produites en une seule génération — sont contraints par les limites de durée actuelles des modèles. Néanmoins, l'esthétique du plan-séquence peut être approximée par des clips de style long take montés de manière transparente, et la compréhension des principes du plan-séquence fournit une orientation précieuse pour générer une vidéo par IA riche en mouvements de caméra, qui paraisse spatialement cohérente et dramaturgiquement continue.